Orientation scolaire et IA : cette association soulève aujourd’hui de nouvelles questions chez les jeunes, leurs parents et les professionnels de l’accompagnement. Au moment de choisir des études, les jeunes ne s’interrogent plus seulement sur leurs centres d’intérêt, leurs compétences ou les débouchés d’une formation. Ils se demandent aussi si le métier qu’ils envisagent existera encore sous la même forme lorsqu’ils entreront sur le marché du travail.
« Est-ce que ce métier existera encore quand j’aurai terminé mes études ? »
Cette question apparaît de plus en plus souvent dans les échanges avec les lycéens, les étudiants et leurs parents.
L’arrivée de l’IA bouleverse leurs repères. Certains métiers semblent menacés, d’autres apparaissent, tandis que la plupart se transforment sans que nous puissions encore mesurer précisément jusqu’où ira cette évolution.
Cette incertitude crée un nouveau défi pour l’orientation scolaire et professionnelle. Il ne suffit plus d’aider un jeune à trouver le métier qui lui correspond aujourd’hui. Il faut aussi lui permettre de construire un projet capable d’évoluer avec lui et avec le monde.
Le coaching d’orientation prend ici tout son sens. Le rôle du coach n’est pas de garantir l’avenir ni de désigner les professions qui seront encore présentes dans vingt ans. Il consiste à aider le jeune à mieux se connaître, à clarifier ce qu’il souhaite apporter et à développer les repères dont il aura besoin pour continuer à choisir lorsque son environnement changera.
Pour approfondir la posture du professionnel et les différentes étapes de la démarche, découvrez également comment accompagner un jeune dans son orientation

L’intelligence artificielle transforme déjà le marché du travail. Certaines tâches répétitives, prévisibles ou très standardisées peuvent être automatisées. D’autres sont réalisées plus rapidement grâce à de nouveaux outils.
Cela ne signifie pas nécessairement que les métiers concernés vont disparaître. Leur contenu peut évoluer, certaines missions perdre de leur importance et de nouvelles responsabilités apparaître.
Cette distinction entre disparition et transformation est essentielle. Les travaux de l’Organisation internationale du travail sur l’IA générative et l’emploi montrent d’ailleurs que la transformation des professions constitue un scénario plus probable que leur remplacement complet.
Un juriste pourra utiliser une technologie pour rechercher et synthétiser des documents. Un professionnel de la communication pourra produire plus rapidement une première version d’un texte ou d’un visuel. Un comptable pourra automatiser une partie du traitement des données. Un enseignant pourra créer des supports adaptés à différents profils d’élèves.
Dans chacun de ces exemples, l’outil modifie la manière de travailler. Il ne remplace pas automatiquement tout ce qui relève du jugement, de la relation, de la responsabilité, de la créativité ou de la compréhension d’une situation complexe.
La difficulté est que personne ne peut établir aujourd’hui une liste définitive des métiers de demain. Les perspectives d’emploi dépendront de l’évolution des technologies, mais aussi des décisions économiques, sociales, politiques et environnementales.
Demander au coach d’orientation de prédire précisément cet avenir serait donc lui demander l’impossible.
Son rôle est différent : il aide le jeune à comprendre les transformations en cours, à examiner plusieurs scénarios et à construire une trajectoire qui ne repose pas sur un seul intitulé de métier.
Les lycéens et les étudiants doivent déjà composer avec la pression des résultats scolaires, les attentes familiales, les conditions d’admission et la peur de faire un mauvais choix.
L’impact de l’IA ajoute une inquiétude supplémentaire :
« Pourquoi faire cinq ans d’études si une machine peut ensuite réaliser une partie de mon travail ? »
« Est-ce que le secteur qui m’intéresse recrutera encore ? »
« Les compétences que je vais apprendre auront-elles encore de la valeur ? »
Ce stress lié aux choix ne doit être ni minimisé ni alimenté par des prédictions alarmistes. Le jeune a besoin d’un espace dans lequel il peut exprimer ses craintes, accéder à une information nuancée et retrouver une capacité d’action.
Le professionnel ne peut pas promettre qu’un métier sera toujours exercé de la même manière. Il peut en revanche aider la personne à identifier ce qui restera important pour elle, même lorsque les outils et les contextes évolueront.
L’intégration de l’IA offre de nouvelles possibilités pour rechercher et organiser l’information.
Des plateformes d’orientation peuvent comparer des formations, présenter des secteurs professionnels ou faciliter l’accès à l’information. Des chatbots et des outils d’analyse peuvent répondre à certaines questions factuelles, synthétiser des programmes d’études ou faire émerger des pistes à partir de critères définis.
Les outils d’analyse de parcours peuvent également aider à examiner les compétences développées, les possibilités de formation et les tendances du marché du travail.
L’exploration des métiers peut être enrichie par des témoignages, des vidéos, des forums, des salons étudiants ou des échanges directs avec des professionnels. Lorsque la rencontre physique n’est pas possible, certains métiers peuvent aussi être découverts via des rencontres virtuelles.
En France, Parcoursup permet notamment de consulter les formations proposées pour la première année de l’enseignement supérieur. Les jeunes peuvent consulter les conseils officiels pour rechercher une formation sur Parcoursup. Cette plateforme constitue une source d’information importante, mais elle ne remplace pas une véritable démarche de réflexion.
En Belgique comme en France, choisir une formation ne peut pas se réduire à suivre les recommandations d’un algorithme.
La technologie peut donc devenir un assistant efficace. Elle permet de gagner du temps, d’élargir les recherches et de comparer davantage de données. Mais elle ne peut pas décider de ce qui donnera du sens à la vie d’une personne.
Un système peut analyser des réponses, établir des correspondances et suggérer des possibilités. Il fonctionne cependant à partir des informations qui lui sont transmises et des modèles sur lesquels il a été construit.
Or, un projet ne se résume pas à une addition de résultats scolaires, de préférences et de compétences.
Un jeune peut obtenir de bons résultats dans un domaine sans avoir envie d’en faire son avenir. Il peut se déclarer attiré par un métier parce qu’il en possède une représentation idéalisée. Il peut aussi répondre à un questionnaire en fonction de ce que ses parents espèrent, de ce qu’il pense devoir choisir ou de la confiance qu’il possède à ce moment-là.
Ses hésitations, ses contradictions, ses peurs et ses aspirations ne peuvent pas toujours être traduites dans des données.
Même un outil très performant ne perçoit pas forcément ce qui se joue derrière un silence, une émotion ou une réponse trop rapide. Il ne sait pas toujours qu’une personne renonce à une piste par manque de confiance, qu’elle cherche à rassurer son entourage ou qu’elle n’ose pas encore exprimer ce qui la fait réellement vibrer.
Les projets d’orientation via des chatbots peuvent donc soutenir certaines recherches. Ils ne remplacent ni la relation, ni le questionnement, ni le travail d’introspection.
Les tests, questionnaires et technologies restent des supports au service du dialogue. Leur utilisation demande une méthode et une interprétation prudente, comme nous l’expliquons dans notre article consacré aux outils de coaching d’orientation

Le rôle du coach se distingue de celui d’un conseiller d’orientation qui transmet principalement des informations sur les filières, les établissements, les admissions et les débouchés.
Le coach ne dit pas au jeune ce qu’il devrait choisir. Il ne lui remet pas une liste de métiers à suivre et ne cherche pas à devenir l’expert de tous les parcours scolaires.
Il crée les conditions qui permettront à la personne de trouver ses propres réponses.
Cela suppose de poser des questions, de reformuler, de confronter avec bienveillance et de laisser suffisamment d’espace à la réflexion. Le coach aide le jeune à comprendre ses motivations, à identifier ses critères et à relier ce qu’il découvre sur lui-même aux différentes options qui existent.
L’accompagnement humain ne consiste donc pas à remplacer une recommandation automatique par l’avis personnel d’un adulte. La posture du coach est précisément de ne pas imposer son propre choix.
Il aide le jeune à devenir acteur de sa démarche.
Face aux transformations actuelles, une approche centrée uniquement sur le choix d’une profession devient trop fragile.
Dire « je veux devenir architecte », « je veux travailler dans le marketing » ou « je veux être journaliste » ne suffit plus à définir un projet.
Le coach peut aller plus loin en aidant le jeune à identifier ce qu’il souhaite vivre et apporter. Quelles activités lui donnent de l’énergie ? Quels problèmes aimerait-il résoudre ? Avec quelles personnes souhaite-t-il travailler ? Dans quels environnements se sent-il à sa place ? Quelles valeurs veut-il retrouver dans sa vie professionnelle ?
Le travail porte également sur ses talents, ses ressources, ses besoins, ses aspirations et sa manière d’apprendre.
Le métier devient alors une forme possible du projet, plutôt que son unique définition.
Si cette profession évolue, si certaines tâches sont automatisées ou si les perspectives d’emploi se réduisent, le jeune ne perd pas tous ses repères. Il peut chercher une autre fonction, une spécialisation, un nouveau secteur ou une manière différente de contribuer à ce qui compte pour lui.
Cette manière de travailler prépare davantage à un avenir incertain qu’une simple recommandation de filière.
Les bases de l’intelligence artificielle feront probablement partie de la culture générale nécessaire dans de nombreux secteurs. Les jeunes devront apprendre à utiliser l’IA, à comprendre ses limites, à vérifier ses productions et à en faire un outil au service de leur travail.
Mais les compétences techniques ne suffiront pas.
La pensée critique permettra de ne pas accepter automatiquement une réponse produite par un système. La créativité aidera à imaginer de nouvelles solutions. L’intelligence émotionnelle et la capacité à collaborer resteront essentielles dans les métiers fondés sur la relation.
Cette complémentarité entre compétences technologiques et qualités humaines apparaît également dans le Future of Jobs Report 2025, qui souligne la progression de l’IA et de la maîtrise des données, mais aussi de la créativité, de la résilience, de la flexibilité et de l’apprentissage continu.
La résolution de problèmes complexes, l’autonomie, la curiosité et la capacité d’apprentissage permettront également de faire face à des situations qui ne pourront pas être entièrement standardisées.
Le professionnel peut donc aider le jeune à regarder au-delà du diplôme. Les formations restent importantes, mais elles ne constituent qu’une étape. La capacité à continuer d’apprendre, à développer de nouvelles compétences et à se réinventer prendra une place croissante dans les parcours.
La meilleure préparation ne consiste peut-être plus à savoir exercer un métier exactement comme il existe aujourd’hui. Elle consiste à rester capable d’évoluer lorsque ce métier change.
Rassurer ne signifie pas promettre que tout ira bien ou qu’une profession sera définitivement protégée.
Le coach peut plutôt aider le jeune à transformer une peur globale en questions plus concrètes.
Quelles tâches risquent d’être automatisées dans le domaine envisagé ? Quelles compétences humaines conserveront une valeur importante ? Comment la technologie peut-elle devenir un outil dans cette profession ? Quelles connaissances complémentaires pourraient renforcer le projet ? Quelles autres voies permettraient de poursuivre une aspiration similaire ?
Cette démarche permet de passer d’une inquiétude difficile à maîtriser à une exploration structurée.
Le jeune comprend alors qu’il n’a pas besoin de connaître exactement le monde du travail de 2040 pour commencer à avancer. Il doit surtout apprendre à observer les évolutions, à interroger ses choix et à ajuster son parcours lorsque cela devient nécessaire.
Le coach peut utiliser ces nouveaux outils pour préparer ou enrichir certaines étapes du parcours, sans leur déléguer la décision.
Ils peuvent l’aider à rechercher des formations, à comparer des programmes, à découvrir des métiers peu connus ou à synthétiser des informations provenant de plusieurs sources. Ils peuvent également servir à préparer une grille d’entretien avec un professionnel, à identifier les évolutions possibles d’un secteur ou à examiner les compétences demandées dans des offres d’emploi.
L’IA peut aussi aider le jeune à formuler des questions, à imaginer plusieurs scénarios et à organiser les résultats de ses recherches.
Ces usages doivent toutefois rester accompagnés. Une information produite doit être vérifiée, contextualisée et confrontée à d’autres sources. Une suggestion ne doit jamais être confondue avec une décision.
Utiliser l’IA dans le coaching d’orientation ne signifie donc pas automatiser la démarche. Cela signifie intégrer un nouvel outil dans un processus qui reste profondément humain.
Le coach d’orientation de demain ne sera pas celui qui connaît par cœur tous les métiers et toutes les formations.
Il sera celui qui sait accompagner un jeune dans un monde où les métiers évoluent plus vite que les fiches qui les décrivent.
Il devra pouvoir entendre les inquiétudes liées à l’avenir, aider la personne à distinguer les faits des prédictions alarmistes et l’amener à construire plusieurs scénarios possibles.
Son rôle ne sera pas de supprimer toute incertitude. Il sera d’aider le jeune à avancer malgré elle.
Il devra aussi rester lui-même en veille, comprendre les grandes transformations du monde professionnel et savoir utiliser les nouveaux outils sans perdre sa posture. La technologie pourra enrichir sa pratique, mais sa véritable valeur restera dans sa capacité à écouter, questionner, faire émerger et mettre en lien.
Cette posture s’appuie d’abord sur de solides compétences de coaching. Les personnes qui ne sont pas encore formées peuvent découvrir L’Art du Coaching, notre formation pour devenir coach professionnel.
Former les coachs d’orientation de demain, ce n’est donc pas leur apprendre à prédire l’avenir. C’est leur apprendre à accompagner l’incertitude.
Chez Coaching & Découvertes Académie, nous défendons depuis plus de dix ans une vision du projet qui va bien au-delà du choix d’un métier.
Notre méthode permet d’explorer les valeurs, les talents, les ressources, les besoins, les aspirations et les environnements dans lesquels le jeune pourra s’épanouir. Elle l’aide ensuite à faire émerger différentes pistes, à les confronter à la réalité et à construire un projet personnel et professionnel qui conserve du sens lorsque le monde évolue.
Cette approche prend aujourd’hui une dimension nouvelle.
Les jeunes ont besoin de professionnels capables d’entendre leurs inquiétudes face à l’arrivée de l’IA, de les aider à comprendre les transformations en cours et de leur donner des repères qui ne deviendront pas obsolètes à la prochaine évolution technologique.
Notre formation au coaching d’orientation scolaire prépare les coachs à remplir ce rôle. Elle leur transmet les meilleurs outils et tests, réunis dans un protocole complet qui a fait ses preuves auprès de milliers de jeunes.
Il ne s’agit pas de promettre un métier à l’abri de l’intelligence artificielle.
Il s’agit d’aider chaque jeune à construire un avenir dans lequel il restera capable de choisir, d’apprendre et d’évoluer.
