Vous entrez dans une pièce et vous remarquez immédiatement la lumière, le bruit de fond, une odeur, la température, la matière d’un vêtement ou l’ambiance générale.
Ce qui semble anodin pour quelqu’un d’autre peut devenir difficile à ignorer pour vous.
Un restaurant peut être agréable au début puis devenir épuisant. Un open space peut vous demander beaucoup plus d’énergie que le travail lui-même. Certains sons, certaines odeurs ou certaines matières peuvent provoquer une réaction très forte alors que votre entourage ne comprend pas vraiment ce qui vous dérange.
À l’inverse, cette sensibilité peut rendre certaines expériences particulièrement riches. La musique peut vous traverser, un paysage vous arrêter net, une matière vous apaiser, un lieu vous donner immédiatement envie d’y rester.
La difficulté apparaît souvent lorsqu’on a appris à faire comme si cela ne comptait pas.
On supporte. On s’adapte. On reste dans un environnement qui fatigue. On finit parfois par croire qu’on est trop exigeant ou trop fragile.
L’enjeu est alors de mieux reconnaître ce qui vous nourrit, ce qui vous surcharge et les conditions dont vous avez réellement besoin pour fonctionner sans vous épuiser.
Votre esprit ne s’arrête pas forcément à la première réponse.
Une question en entraîne une autre. Vous avez besoin de comprendre comment les choses fonctionnent, pourquoi elles sont faites ainsi et ce qui se cache derrière ce qui est visible.
Vous faites facilement des liens entre des informations que d’autres ne rapprochent pas. Vous repérez les incohérences, les raccourcis ou les raisonnements qui manquent de profondeur.
Cela peut être très stimulant lorsqu’un sujet vous intéresse. Vous pouvez apprendre vite, chercher longtemps, approfondir et trouver des solutions auxquelles d’autres n’avaient pas pensé.
Mais cette intensité a aussi un coût.
Votre cerveau peut continuer à travailler longtemps après que la situation est terminée. Une décision simple peut ouvrir trop de possibilités. Une discussion légère peut devenir frustrante si vous avez envie d’aller plus loin. Vous pouvez avoir du mal à accepter une réponse du type « c’est comme ça ».
Avec le temps, certaines personnes apprennent à moins poser de questions, à simplifier ce qu’elles pensent ou à ralentir volontairement leur raisonnement pour ne pas sembler compliquées.
Le travail consiste alors à mieux repérer quand cette pensée est une ressource et quand elle devient une source de surcharge, de frustration ou de fatigue mentale.
Vous ne voyez pas seulement ce qui est là. Vous voyez aussi ce qui pourrait être.
Un détail peut déclencher une histoire. Une idée en ouvre plusieurs autres. Une conversation peut rapidement faire apparaître un projet, une scène future ou une multitude de possibilités.
Cette imagination peut nourrir la créativité, l’écriture, la vision, la capacité à inventer ou à anticiper.
Elle peut aussi rendre certaines situations plus difficiles à vivre.
Vous imaginez ce qui pourrait arriver. Vous construisez des scénarios avant même d’avoir toutes les informations. Vous pouvez passer beaucoup de temps dans une possibilité qui n’existe encore que dans votre tête.
Chez certaines personnes, cette richesse intérieure a aussi été freinée très tôt. On leur a dit qu’elles rêvaient trop, qu’elles partaient dans tous les sens ou qu’elles manquaient de réalisme.
Elles ont alors parfois appris à réduire cette part d’elles-mêmes alors qu’elle constitue aussi une ressource importante.
L’enjeu est de mieux distinguer l’imagination qui ouvre des possibilités de celle qui vous enferme dans des scénarios qui prennent trop de place.
Vous pouvez ressentir très vite ce qui se passe dans une relation ou dans une pièce.
Un changement de ton, un regard, une tension, une remarque ou une distance inhabituelle peuvent être perçus presque immédiatement.
Les émotions peuvent aussi avoir une grande intensité et durer plus longtemps que chez certaines personnes de votre entourage.
Une injustice vous reste en tête. Une conversation importante continue à résonner après coup. Une relation peut vous toucher longtemps, même lorsque l’autre personne semble être passée à autre chose.
Cette sensibilité peut favoriser une grande empathie, une qualité de présence et une perception fine des relations.
Elle peut aussi devenir fatigante lorsque vous prenez beaucoup sur vous, lorsque les émotions des autres entrent facilement chez vous ou lorsque vous vous adaptez en permanence pour préserver l’harmonie.
Beaucoup de personnes ont entendu un jour qu’elles étaient « trop sensibles ».
À force, certaines apprennent à douter de ce qu’elles ressentent, à minimiser leurs réactions ou à mettre leurs besoins de côté.
Le travail consiste alors à mieux distinguer ce qui vous appartient, ce qui appartient à l’autre et la manière de rester sensible sans devoir porter tout ce qui se passe autour de vous.
Une fois reconnecté à votre centre, vous pouvez commencer à l’utiliser comme un véritable repère pour vos décisions.
Vous avez peut-être souvent plusieurs chemins possibles devant vous.
Plusieurs projets peuvent vous attirer. Plusieurs choix peuvent avoir du sens. Vous pouvez même savoir que vous seriez capable de réussir dans des directions très différentes.
Le problème n’est alors pas de manquer de possibilités.
Il est de savoir laquelle mérite votre énergie maintenant.
Pendant cette journée, vous allez apprendre à revenir à votre centre lorsque vous avez une décision à prendre.
Vous observerez ce qui se passe en vous lorsque vous envisagez différentes options.
Est-ce que ce choix nourrit quelque chose d’important pour vous ? Est-ce qu’il vous ouvre ou vous rétrécit ? Est-ce que vous le choisissez réellement ou est-ce que vous vous y adaptez ? Est-ce que cette possibilité vous attire durablement ou stimule simplement votre curiosité ?
Nous travaillerons aussi sur la difficulté à renoncer.
Pour un Autre Potentiel, dire non à une possibilité peut parfois donner l’impression de renoncer à une partie de soi.
Vous explorerez une autre manière de voir les choses : choisir ne signifie pas nier ce que vous pourriez faire. Cela signifie décider à quoi vous voulez donner votre temps, votre attention et votre énergie aujourd’hui.
Vous construirez ainsi vos propres critères de décision, afin de pouvoir chercher davantage vos réponses en vous plutôt que dans une accumulation d’avis ou d’analyses supplémentaires.
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